2022

Concert virginal et danses

Musiques et danses de l’époque d’Élisabeth Ire

Samedi 4 février 2023 à 18h30

Au Temple de Lutry

Entrée libre – Collecte

Présentation du concert

La littérature pour virginal de l’époque élisabéthaine foisonne de danses en tous genres : Pavane, gaillarde, Volta, Allemandes, courantes, gigues, rondes et j’en passe. 

 L’idée de ce concert est de mettre en relation ces pièces instrumentales avec les danses d’époque. 

Tout comme les valses de Chopin, qui n’ont jamais été conçues pour être dansées mais sont simplement de la musique de salon inspirée de danses stylisées, la majeure partie du répertoire pour virginal est si élaborée, ornée et si pleine de variations virtuoses qu’on perd le tempo endiablé des danses d’origine pour une musique plus conceptuelle qui met en valeur l’instrument et l’imagination du compositeur.

Nous sommes donc partis à la rencontre de Véronique Daniels qui enseigne les danses renaissances à la Schola Cantorum de Bâle et a reconstitué des chorégraphies grâce à des traités de l’époque, chorégraphies qui seront dansées par Emilie Mory et Josquin Piguet qui feront aussi montre de leurs talents d’instrumentistes, respectivement au violon et au cornet à bouquin, accompagnés par Sébastien Vonlanthen au Virginal.

Musiciens :

Virginal : Sébastien Vonlanthen
Violon : Emilie Mory
Cornet à bouquin : Josquin Piguet.

Présentation du virginal

Martinus Van der Biest

On connaît fort peu de choses sur ce facteur de clavecins, né peut-être dans le Brabant oriental flamand ou en Hollande. L’Illustrierte Geschichte der Deutschen Musik place sa présence hypothétique à Munich durant le règne du duc Guillaume V vers 1579 – 1597.

Dans le Brabant, le village de Biest se situe entre Gand et Courtrai, une région très riche de par le commerce du drap, du papier et de l’orge qui avait fait sa réputation et sa fortune avec les villes d’Anvers, de Bruges et de Bruxelles.

Biest-Houtakker se situe à 30 km au nord d’Anvers en Hollande. Toujours est-il, de ce que l’on sait et que l’on peut dire de Martin Van der Biest, est qu’il entra dans la guilde de Saint- Luc à Anvers, en vertu de l’ordonnance spéciale pour les facteurs de clavecins décrétée le 28 mars 1558. Il fut le neuvième parmi les dix maîtres de cet art qui sollicitèrent, à la faveur d’une réglementation particulière, leur admission dans la célèbre corporation (De Burbure  « Recherches »  p.21). Ce fait est établi d’après les archives de Saint-Luc.

Le 25 juin 1575, Martin Van der Biest est le témoin de mariage du célèbre facteur de clavecins Hans Ruckers, en l’église Notre Dame d’Anvers. Le virginal « la mère et l’enfant » a été construit à Anvers en 1580. Richement orné d’un paysage pittoresque sur le couvercle, les deux caisses sont décorées d’une série de portraits en médaillons entourés d’arabesques du côté de l’exécutant. Les claviers sont en os avec des feintes en ébène sculptées. On peut y lire la devise «Espoir Confoirte» ou « Confoirté » à l’intérieur du panneau qui renferme la petite épinette de 4’ dans le ventre de la mère de 8’.

Il se pourrait que cette devise vienne de la correspondance d’Alexandre Farnèse – Gouverneur Général des Pays-Bas sous Philippe II – qui essaya de calmer le mécontentement de la reine d’Angleterre face au duc d’Alençon et  de demander aux gentilhommes d’Artois et au Seigneur de la Motte de traiter avec les malcontents en 1578. Enfin « Espoir Confoirte » est également la devise d’une grande famille d’origine espagnole, les « De Melgar », qui se trouvaient à Anvers entre 1558 et 1603, et dont viendrait peut-être la prestigieuse commande de notre fameux virginal.

Loading