2022

Concert – Croisière

Les fêtes vénitiennes

Dimanche 5 juin 2022

Bateau « Belle Époque » Simplon.

Fondation Jerzy Semkow

TARIFS
ADULTE : CHF 95.- Avec un cocktail de bienvenue
ENFANT (6-16 ANS) : CHF 45.- Avec un sirop
BILLETS EN VENTE SUR
WWW.CGN.CH/FR/CLASSIQUE

1ère Représentation
LAUSANNE OUCHY
 18h30* › 20h00

2ème Représentation
LAUSANNE OUCHY
 20h25* › 22h00

*Embarquement 30 minutes plus tôt.

INFOLINE
0 848 811 848
INFO@CGN.CH

www.collegiummusicumlausanne.com

Programme :

Antonio Vivaldi
Concerto pour mandoline en C majeur
Allegro   Largo   [No tempo]

Alessandro Marcello
Concerto pour hautbois en ré mineur
Andante   Adagio   Allegro

Tomaso Albinoni
Concerto pour violon

Baldassare Galuppi
Concerto à 4 en C minor
Grave Allegro Andante

André Campra
Les fêtes vénitiennes (Extraits) Orfeo

Musiciens :

Violon solo :Flavio Losco
Violon 1 :Katia Viel
Violon 2 / Alto :Valentina Eggli
Alto :Émily Mory
Violoncelle :Mathieu Rouquié
Contrebasse :Rosie Moon
Hautbois :Vivian Berg
Mandoline :Anna Schivazappa
Direction / Clavecin :Sébastien Vonlanthen
Pour ce concert, le CML vous emmène à Venise.

La ville de Venise a de tout temps fasciné.

Port ouvert sur le monde, point de départ de la route de la soie, port d’embarquement des pèlerins pour la Terre Sainte, immense puissance commerciale (en 1597, le volume annuel des échanges avoisine les deux millions de ducats à Venise, soit le double de ce qu’atteignent la France, l’Angleterre et les Pays-Bas réunis !), elle fascine par son héritage issu de l’empire byzantin dont témoigne incontestablement la basilique St-Marc ou le Fondaco dei Turchi.

Grâce à ses échanges commerciaux florissants et à son indépendance politique dont témoigne son surnom de sérénissime, la ville va devenir un creuset pour le développement des arts et notamment de la musique.

Inspiré par l’architecture de la basilique, Adrian Willaert crée le partage spatial des chœurs qui se répondent et fonde ainsi le style de l’école vénitienne en 1550, dont la polychoralité inspirera toute l’Europe. Capitale européenne de l’édition musicale depuis son invention par Petrucci en 1501, Venise compte, dans la seconde moitié du XVIeme siècle, plus de 1500 éditions musicales, contre environ 400 pour toute la France, un peu plus de 300 pour la Flandre et les Pays-Bas, et moins de 200 pour l’Allemagne.

Les nobles dont on veut parfaire l’éducation sont envoyés en Italie faire le « Grand tour ».

Venise a inspiré bien des compositeurs tel qu’André Campra. Il avait créé un opéra «Le Carnaval de Venise » qui fut donné à l’Académie royale de la musique sous le règne de Louis XIV. 

Par les quelques extraits de compositeurs brillants de l’époque baroque actifs à Venise que sont Vivaldi, Marcello et Albinoni, nous transformerons le Simplon en gondole et nous vous ferons voyager à la fois dans le temps et dans l’espace, jusqu’à la lagune de la Reine de l’Adriatique.

Les motets de Jean-Sébastien Bach et ses prédécesseurs.

Samedi 27 août 2022 à Nyon, horaire à définir.

Dimanche 28 août 2022 à 17 h à Lutry.

Johann Gottfried Walther (1684-1748), cousin de Bach par sa mère, définit le Motet en ces termes dans l’article « Motetto » de son Musicalisches Lexiconoder Musicalische Bibliothek, (1732) :

« Le motet est intrinsèquement une composition musicale construite sur une parole biblique destinée à des voix sans instruments (hormis la basse continue) et intensément décorée de fugues et de parties imitatives ; mais il est également possible de doubler les parties vocales par toutes sortes d’instruments pour soutenir les voix ».

Contrairement à la plupart des œuvres de J. S. Bach tombées dans un oubli total après sa mort, les motets continueront d’être interprétés par les chanteurs de St-Thomas de Leipzig de manière ininterrompue jusqu’à ce jour.

Alors que Mozart était de passage à Leipzig en 1789, il fut très fortement impressionné à l’écoute du motet Singet dem Herrn ein neues Lied.

Friedrich Rochlitz relate : « Le chœur avait à peine chanté quelques mesures que Mozart se leva, stupéfait. Quelques mesures encore, et Mozart s’exclama : « Mais qu’est-ce donc que cela ? ». Son âme sembla alors se rétracter tout entière entre ses oreilles. Quand le motet fut terminé il cria, plein de joie : « Enfin une oeuvre où je peux apprendre quelque chose ! » ». Mozart ne voulut pas partir avant d’avoir pu examiner les partitions, à genoux, étalant les différentes parties à terre et sur les chaises autour de lui, et ne se releva pas avant d’avoir pu tout étudier complètement.

A la suite de Mozart et de tant d’autres, c’est à la redécouverte de ces chefs-d’œuvre que nous vous emmenons. Mais si Bach a inspiré Mozart et tant d’autres compositeurs après lui, quels ont donc pu être les modèles de Bach, ses sources d’inspiration ?

Tout d’abord, on peut rattacher les motets à 8 voix au style polychoral vénitien, un style qui doit notamment ses particularités à l’architecture de la basilique St-Marc, où les chœurs séparés sur des tribunes différentes chantent les antiennes tout d’abord en alternance, car la distance entre les chœurs répartis sur des tribunes différentes décuple la difficulté d’être ensemble. Le succès rencontré par ce style va pousser les compositeurs à le développer et à chercher de nouveaux effets, tel l’écho par exemple.

A la suite de Gabrieli, pionnier du genre, les compositeurs allemands, tel Heinrich Schütz, vont rapporter ce style dans leur pays et l’y développer.

C’est ainsi que « Singet dem Herrn », traduction allemande du psaume 98, sera présenté dans les versions successives de Pachelbel, la plus proche de Bach, puis nous remonterons dans le temps avec Schütz pour enfin retourner aux racines de ce genre de répertoire qui remontent jusqu’à la fin de la Renaissance et au texte latin du même psaume, avec notamment le cantate domino de Bassano.

Le « cantate Domino » de Hieronymus Praetorius est très intéressant, car il est extrait de la collection « Florilegium Portense, deux recueils de 115 et 150 motets ont été publiés en 1618 et 1621 par Erhard Bodenschatz. Destiné à tous les temps et usages liturgiques, ce répertoire de haute qualité était destiné aux maîtrises qui animaient les services divins. Cette collection a eu un tel succès qu’elle était encore publiée et utilisée un siècle plus tard, notamment à St-Thomas à Leipzig où Bach enseignait à l’école maîtrisienne et exerçait sa fonction de Kantor.

Bach a donc eu sans doute de nombreuses occasions de diriger cette œuvre.

Der Geist hilft unser Schwachheit auf, écrit par J.S. Bach pour les funérailles du recteur de l’école St-Thomas Johann Heinrich Ernesti, dont le texte est notamment inspiré du

« Komm Heiliger Geist » de Luther. Luther traduit ici la séquence de Pentecôte « Veni Sancte Spiritus ». En effet, à la réforme, les textes latins ne sont pas conservés mais traduits, est le petit bijou qu’est cette séquence, aussi appelée séquence d’or, passe ainsi à la postérité dans la langue de Goethe. C’est l’occasion d’interpréter les très beaux motets de Josquin Desprez, le Bach de la Renaissance, dans une version latine à 6 voix et celle de Giovanni Pierluigi Palestrina à 8 voix.

En plus de la version de J.S. Bach de « Fürchte dich nicht », vous pourrez entendre le motet à 6 voix écrit sur le même texte par Johann Christoph Bach, le grand-oncle de Jean-Sébastien.

Komm, Jesu, komm de Johann Schelle, qui fut Kantor à Leipzig juste avant Kunhau et Bach, introduira le motet BWV 229.

Enfin, la frontière entre les œuvres de Bach et celle de ses prédécesseurs est ténue: en effet, le motet « Ich lasse dich nicht » BWV 1146, n’est pas attribuable entièrement à Bach. Si l’harmonisation du choral final est indubitablement de lui, la paternité du reste du motet n’est pas clairement établie. Par contre, c’est de la main même de Bach qu’a été écrite la copie de ce motet qui nous est parvenue.

C’est à la redécouvert de ces chefs-d’œuvre que le Collegium Musicum Lausanne vous convie, dans une interprétation dédiée à la sobriété vocalité épurée, sans instruments, hormis le soutien léger des instruments de continuo, car les motets écrits par Bach l’ont été pour des occasions funèbres. Mais les fastes polyphoniques des doubles chœurs et leur expressivité bouleversante rayonnent d’une lumière qui transcende la mort.

Programme :

1) Singet dem Herrn ein neues Lied

Bach Johann Sebastian (1685 – 1750) BWV 225 ps 149 – 8 voix
Johann Pachelbel (1653 – 1706) – 8 voix
Heinrich Schütz (1585 – 1672) Psalm 96SWV 198 (SWV 194)

Cantate Domino
Hieronymus Praetorius (1560 – 1629) – 8 voix
Giovanni Bassano (c.1558 – 1617) – 8 voix

2) Der Geist hilft unserer Schwachheit auf

Bach J.S. BWV 226 Romains 8 v. 26 – 27 – 8 voix

Veni sancte spiritus
Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525 – 1594) – 8 voix
Josquin Desprez (1440 – 1521) – 6 voix

3) Fürchte dich nicht, ich bin bei dir

Bach J.S. BWV 228 Isaïe 41 v. 10 – 43 V. 1 – 8 voix
Bach Johann Christoph (1642 – 1703) Isaïe 43 / 1 – 5 voix + continuo

4) Komm, Jesu, Komm

Bach J.S. BWV 229 Paul 1 – 11 – 8 voix
Johann Schelle (1648 – 1701) – 5 voix

5) Ich lasse dich nicht, du segnest mich denn,

Attribué à Bach J.S. BWV 1146 – 8 voix

Musiciens :

  
  
  
  
  
  
  
  
  
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